di Rosa Richard

buddy_pelicanRichard (dit Buddy) Di Rosa né en 1963 à Sète. Son surnom de Buddy il le reçoit en référence à Buddy Holly, souvenir de ses premiers amours, la musique. Sculpteur, il commença par mettre en volume des personnages de son frère Hervé, mais pour venir très vite à un travail indépendant et très indentifiable. Buddy vit et travaille entre Paris et sa région natale.

Richard Di Rosa a 15 ans lorsqu’il fonde avec Robert Combas et Ketty Brindel le groupe “Les Démodés”. Robert Combas compose chansons, paroles et musique. Richard se met à la batterie, Ketty Brindel est la chanteuse vedette

En visitant la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence Buddy découvre pour la première fois une sculpture de Miro. ” Sur le moment, cela n’a pas fonctionné, mais quelques années après, la pièce a refait surface “, raconte Richard, qui ajoute : ” Il y a peu d’oeuvres fortes ; il y a Miro, Calder et Oldenburg. Je les mets dans mon panthéon, parmi mes saints protecteurs.” ( … ) ” Je suis plus attiré par la force physique d’une oeuvre que par son attrait intellectuel. Quand je vois une chaise de Miro, surmontée d’une fourche, je reste fasciné : tout est dit avec le minimum. ”

Richard et Hervé Di Rosa sont frères, ils ont 4 ans d’écart. Richard, le cadet,autodidacte touche à tout a commencé par réaliser des sculptures en s’inspirant des premiers personnages imaginés par Hervé ; à partir de là ils ont créé et développé jusqu’en 1986 tout un univers plastique et fictif qui s’est incarné notamment dans le ” Dirosaland ” ou le ” Dirozoo “.
Personnage fort sympa, il garde un zeste de sa banane de rockeur des années fin 1970, nous avons voulu remonter avec lui aux années fin 1970, début 1980., afin qu’il nous relate son histoire et la naissance de la ‘Figuration Libre’.

Les débuts ?

Ça a commencé dans une petite ville : Sète. 25000 ou 30000 habitants maintenant, et 150000 l’été.
Le petit groupe de mecs qu’on était, était punk à l’époque ou rock. Mon frère était punk, mais pas moi, j’étais plus jeune et j’aimais surtout le Rock-n’roll . Combas n’était pas punk non plus, il avait pas les cheveux vivement colorés. Mais bon, il y avait toute cette émulation de jeunes qui fument et qui écoutent le Rock. Mon premier souvenir d’une œuvre d’art, c’est le Velvet Underground, c’est la banane de Andy Warhol, (putain…) cette pochette, ce qu’elle était belle! Ou par exemple “Sergeant Pepper’s Lonely Hearts Club Band” des Beatles, où je me suis aperçu que c’est Peter Blake qui avait pris la photo de pochette.

D’un milieu très modeste, je faisais tout petit des modèles réduits d’avions, de chars, et puis je faisais pas que l’avion, je faisais aussi le tarmac, avec les deux mecs qui font le plein, ceux qui changent les douilles, ce qui a inspiré après mes sculptures quand j’ai créé mes premiers diorama, un peu comme la bande dessinée a influencé les toiles de Hervé. Quand à Combas, il faisait toujours des dessins, il a toujours fait des dessins et le fait encore.
Donc on faisait ça. J’avais 15 ans. J’avais une petite aura : j’étais connu à Sète parce que je jouais de la batterie vachement bien, tu imagines ! Tout le monde m’avait surnommé Buddy , et on a commencé à faire un groupe de Rock “Les Démodés” avec Combas et Ketty. Mon frère faisait un peu le manager, il nous a trouvé quelques dates de concert, on a joué par exemple au festival d’Avignon et Libé avait remarqué notre groupe underground.

La petite bande de Sète a éclaté : Combas est parti étudier à Saint Etienne. Mon frère est devenu étudiant aux Arts-Déco à Paris où il a fait connaissance avec François Boisrond. Il logeait dans une chambre de bonne. Il rencontre Louis Jammes qui lui propose de partager son appartement du 120 Rue de Charonne. Moi toujours lycéen à Sète, je venais souvent à Paris, car on ne payait pas le train, mon père travaillant à la gare. En 3ème année des Arts déco Boisrond et Hervé retrouvent Robert Combas.

Les premières peintures sont créées. J’avais 18 ans. mon frère a commencé à dessiner ses personnages et a voulu les mettre en volume. Il n’y arrivait pas et un jour, je lui ai montré ma première sculpture inspirée par ses personnages. Il a trouvé ça vachement bien et on a commencé. Je partais d’un dessin d’Hervé, mais j’avais une liberté totale. Je ne refaisais pas le dessin de Hervé en le regardant dans le détail, je laissais faire ma sensibilité, mes sensations. Donc je faisais de la sculpture et mon frère de la peinture.
En parallèle, au début des années 80 ont démarré les premières expos. Dont celle de Ben à Nice, consacrée à mon frère et Robert Combas et celle de Bernard Lamarche-Vadel à Paris avec les deux mêmes plus Boisrond, Blanchard et Catherine Viollet.
Robert Combas vendait des toiles, notamment dans l’atelier de mon frère à Paris, rue de Charonne, là les gens voyaient les peintures de mon frère, ils les achetaient, et mes sculptures, qui étaient là aussi, du coup, ils en prenaient aussi.

Puis tout s’est enchaîné. J’ai participé en 82 aux premières expo avec mon frère. Le groupe d’amis que nous étions a été considéré comme porteur d’un nouveau mouvement ; et c’est vrai que le milieu de l’art avait besoin de se reconnaître dans quelque chose de nouveau, d’inattendu, de provocateur. Nous en avons été nous mêmes surpris ; nous étions en mouvement, hyper actifs, mais pas forcément un mouvement ! Une action entraînant une autre, cela s’est fait comme ça. On ne s’est jamais tous retrouvés en train de se dire : “On crée un mouvement, on l’appellera la Figuration Libre, on va écrire un manifeste, on va faire ci et ça ; jamais ! “.
C’est un enchaînement de circonstances qui s’est fait, boum, boum, boum…Une rencontre dans le temps et dans l’espace ; d’ailleurs des groupes équivalents naissaient en même temps en Europe et aux Etats-Unis.
Nous sommes devenus très sollicités et par les galeristes, les marchands d’art, les entreprises. Mais, petit à petit, les relations à l’intérieur du groupe se sont envenimées et puis fracassées avec Combas.

Avec mon frère, il y a toujours eu des rapports de force, moi petit frère lui grand frère , cela a été toujours tendu mais c’était une confrontation dynamique, stimulante alors que maintenant c’est devenu sordide : depuis trois ans il me fait des procès.
Mais c’est vrai qu’à l’époque, on était fougueux, on faisait plein de trucs et Rue de Charonne, il y avait une émulation, on avait les mêmes envies, on aimait les mêmes choses, on écoutait la même musique.

Nous étions encore soudés au moment de nos premières expo aux Etats-Unis. En 1983, j’ai fait l’expo avec mon frère chez Tony Shafrazi à New-York, j’y avais déjà séjourné à deux reprises l’année précédente. Mes copains étaient CRASH et Daze et Futura 2000. Il y avait le même mouvement mais à l’américaine, plus portés sur le graffiti, les tags etc… Moi avec Robert Combas, je me rappelle, j’avais 14 ans, on se régalait d’aller aux chiottes du Château d’Eau à Sète, parce que il y avait des graffitis superbes !

Nos conditions de travail, au tout début, ça était un peu dur, on a commencé à avoir de l’argent en 1983-1984. Pour ma part en 84, j’ai eu la chance d’avoir un atelier à la cité des arts pendant deux ans grâce à ma galerie Laage Salomon.

C’était assez sympa, car j’avais un tout petit studio et ma femme était montée à Paris pour ses études de Lettres. C’est pour ça que les premières œuvres sont faites avec des matériaux assez bruts, car on était pauvres et on avait pas un rond pour acheter des matières plus nobles. Moi mes sculptures étaient faites avec de la pâte plastique. Pour Hervé et Robert c’était sur des cartons et tissus. ”

Est il facile de le gérer ce succès et as-tu eu peur qu’il t’abandonne ?

C’est toujours pareil, cela dépend des gens. Moi je pense que j’ai su en partie l’assumer. J’ai toujours pris du recul par rapport au succès, et je l’ai plutôt bien vécu. Et puis il faut savoir que quand tu as du succès tu t’en n’aperçois pas. Tu t’aperçois que tu as eu du succès après. Tu le vois pas, le truc se fait. La vie d’Artiste, ce n’est que des hauts et bas. Il faut savoir quand t’es en haut, il est difficile de monter plus haut, donc très souvent tu retombes. C’est comme le 30 du mois, si je n’ai rien fait , c’est un peu frustrant. Mais, le lendemain, le téléphone peut sonner et le banquier, il le sait. Je n’ai pas pris la grosse tête, contrairement à certains. Je suis toujours avec ma femme que j’ai connue à l’âge de 15 ans. Je suis surtout heureux d’avoir 2 beaux enfants, et de pouvoir à 38 ans faire les sculptures que j’aime. Le succès, c’est quoi ? c’est tout vendre dans une galerie lors d’une exposition, alors c’est bon. Et quand tu ne vends pas, ce n’est pas bon. Je n’ai pas besoin de voir ma tronche dans les journaux pour savoir si j’ai du talent ! Je ne me base pas le dessus pour juger, parce que ça n’a pas de sens.Donc je n’y accorde aucune importance. Le succès ça se gère avec du recul et la tête froide, mais bon ça a un côté grisant. Ca te permet de faire des rencontres avec des gens que tu admires, qui, au fur et à mesure deviennent des amis. Aussi quand on me demande des autographes lors de mes expos, ça c’est sympa ! Que le succès m’abandonne ? La seule chose qui me fasse flipper c’est de ne plus pouvoir nourrir mes enfants et que demain plus personne n’achète mes sculptures, d’être incompris dans mon art…. Mais pour le moment, c’est ” out of time “, cela me paraîtrait bizarre, même si je ne me prends pas pour un merveilleux sculpteur, j’ai quand même vingt années de travail.>

Quelles sont aujourd’hui tes sources d’inspiration ?

” Mes sources d’inspiration, me viennent des gens, de la vie de tous les jours, de mon monde imaginaire, de mes rencontres. Le mois dernier, je suis allé au Zimbabwe. J’étais invité par l’ambassade de France pour une expo. Je ne me suis pas contenté d’exposer, j’ai invité deux sculpteurs locaux Albert Watchi et Crispen Matekenya et on a travaillé ensemble et on a échangé. J’ai pu visiter le pays. J’ai vu les chutes de Victoria. Tu n’as pas une idée tout de suite mais je pense que cela aère bien la boîte à idées. Cela ne tombe pas tout suite mais après il doit t’en tomber par milliers des idées !
Mais attention, il y a 20 ans de travail derrière et donc tout peut devenir source d’inspiration : des pays, des gens, des lieux, et ça peut venir n’importe où, dans mon atelier, ou même dans les chiottes. La Figuration Libre, ça été principalement le rock & roll, la bd, la télé. Aujourd’hui, c’est toujours ça qui me passionne et m’inspire.

Mais pour revenir à mon dernier voyage, quand tu prends un mini-bus au Zimbabwe, où tu es quinze, avec des poules et des colis, la musique à fond, je trouve ça génial.
C’est des expériences qui valent de l’or. ”

As-tu déjà réalisé ton œuvre majeure ou est elle à venir ?

Majeure ? je ne sais pas… Mais il’ y en deux qui me tiennent à cœur : En 1992, j’ai fait une sculpture là où je suis né, où mon père est né, ou mon grand père a immigré. J’était dans l’avion avec le maire de Sète, je lui ai dit : ” fais moi faire quelque chose pour ma ville, je n’ai jamais rien fait ! “, et ils m’ont dit ” ok ! Fais une sculpture pour le Quartier Haut “. J’ai créé “la Madone du Quartier Haut” et ça m’a fait super plaisir, parce que c’est l’endroit ou j’ai eu mes premières émotions, la place de mon quartier. Fin 1996-début 1997, l’ambassade française au Ghana m’a demandée de réaliser une sculpture avec Kofi Sertordji, sculpteur ghanéen une sculpture monumentale symbolisant l’amitié de nos deux pays, à installer à ACCRA.
Cette sculpture est un mixte de nos deux cultures, mais j’ai tellement appris au contact de Kofi, sur la signification des signes, etc… que j’en garde un grand souvenir.
Mais si on se dit qu’on a déjà fait une oeuvre majeure, il ne reste rien à faire alors je le dis pas.
Merci mon cher Buddy de m’autoriser d’utiliser ce texte éclairant pour mon site internet.

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